Verruyes, 1786 – Interdiction de sauter pour les jeunes mariés ! 

Aujourd’hui, 7 mai 2017, j’ai voulu faire le Petit saut… Me lancer dans le #Généathème du mois dédié aux métiers de nos ancêtres, étant donné que je reporte le Grand saut – #ChallengeAZ – à l’année prochaine 😔… Au moins !

Et c’est ainsi, qu’en cherchant sur Gallica des informations sur le métier que je souhaite mettre en avant, je tombe sur ça … L’arrêt de la Cour du Parlement, daté du 10 juillet 1786, interdisant aux jeunes mariés de Verruyes de respecter la tradition du Saut du mariage ! Tout, en généalogie, est fait pour nous détourner de l’objectif premier, on dirait !

Quoi qu’il en soit, je retarde le Petit saut pour m’attarder sur celui de nos jeunes mariés verruyquois. Je connaissais la tradition car il existe un lieu-dit, le Saut de Verruyes, qui aujourd’hui est devenue la place du Saut. Elle consistait, selon ce que l’on m’avait dit,  pour les jeunes mariés à sauter ensemble par dessus une flaque d’eau ou un petit ruisseau et que cela leur portait bonheur. De la sûreté de l’art de la tradition orale …

Aujourd’hui j’en sais plus …

L’arrêt de la Cour du Parlement, en date du 10 juillet 1786, trois ans avant le début de la Révolution, sous le règne de Louis XVI, interdit formellement donc, cette coutume sous peine d’une sanction de 20 livres que ce soit pour les mariés qui voudraient s’y plier, ou pour toute personne qui les inciterait à perpétuer la tradition.

Chaque année, le jour de Pentecôte, les nouveaux mariés verruyquois devaient sauter dans un trou de 12 pieds de profondeur et de largeur, rempli à moité d’eau. 12 pieds, c’est quand même 3,658 mètres en convertissant ! Si au vu de la dangerosité de la chose, nos mariés refusaient de s’exécuter, ils étaient taxés de 61 sols 1 denier. Au profit de qui ? Je n’ai trouvé aucune information sur le ou les bénéficiaires. Tout comme je n’ai pas réussi à savoir ce que représentaient, a l’époque, de telles sommes pour le revenu d’un ménage paysan de Verruyes.

Plusieurs ouvrages, publiés après l’arrêt de la Cour du Parlement font référence au Saut de Verruyes dont La France littéraire ouvrage publié en 1832, qui laisse supposer, dans son chapitre Des redevances en France durant le moyen-âge, une origine féodale à ce paiement d’impôt.

L’arrêt de la Cour du Parlement assimile cette tradition à un événement baladoire, une sorte de fête de village selon Le dictionnaire de la langue françoise et moderne de Pierre Richelet, en 1778 mais qui pouvait aussi avoir des connotations  païennes que combattait alors l’Eglise. Une sorte d’interdiction des rassemblements de personnes avant la lettre en quelque sorte. Comme quoi … Les siècles passent…

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