Le Vibreuil de Mauzé-Thouarsais,  1870 – François Cesbron et sa fratrie, l’origine de l’histoire familiale contemporaine 

Chaque famille a son histoire et la transmet … Ou pas, aux générations suivantes. Souvent même, une figure se détache et est considérée comme l’origine de la famille contemporaine. C’est le cas de mon arrière-grand-père paternel, celui à qui je dois mon patronyme. Cesbron. Les Cesbron.

Avant François, rien ne se sait, rien ne s’est transmis. Cette absence d’informations explique mes difficultés à remonter le temps généalogique sur ce chemin là. Je n’ai pas connu François et tout ce que je sais de lui provient du livret de famille pour les informations factuelles, des discussions familiales et des quelques photographies en notre possession pour sa personnalité et son aspect physique.

La photo que je préfère, prise lors de ses cinquante ans de mariage en 1948 avec Clémence Jumeau, mon arrière-grand-mère, le montre assis au centre de l’image avec sa femme, entouré de toute la famille, de ses deux fils, leurs épouses, leurs enfants.

Coll. personnelle (D.R)
Il parait grand, longiligne, presque sec. Sa minceur peut tromper sur sa taille réelle. Son visage pourrait être dit en lame de couteau, en adéquation avec son regard aigu qui, à des décennies de distance, continue à transpercer et intimider celui qui le regarde. Sa figure, entourée d’une belle chevelure blanche, s’orne aussi d’une moustache style troisième République, tout aussi immaculée, qui lui donne un air austère mais cependant bienveillant. Clémence, à ses côtés, présente paradoxalement un visage tout rond, un regard cerclé de lunettes, littéralement cerclé, un physique moelleux, même si elle ne sourit pas. Derrière eux, et à leurs côtés, le reste de la famille, sérieux pour les plus âgés et en mouvement, vivants, pour les plus jeunes. Devant eux, au premier plan, un enfant de huit ans regarde l’objectif en souriant. Mon père.

Francois est décédé en 1959, à l’aube de ses 89 ans, le 10 janvier, rejoint par Clémence quelques mois plus tard, après soixante ans de vie commune, et qui n’aurait pas supporté son absence.

Ils s’étaient mariés en 1898, au mois de juin à Missé, dans les Deux-Sèvres, la commune de naissance de Clémence mais François était né à Mauzé-Thouarsais, à quelques kilomètres de là.

Le livret de famille précise que c’était le 17 janvier 1870, qu’il exerçait, à la date de son mariage, la profession de domestique, qu’il était fils de Cesbron Joseph et de Bienaimé Rosalie, qu’il était décédé à Missé-sur-Thouet le 10 janvier 1959 à 19 heures. Devant s’engager comme domestique, il avait du être contraint de s’éloigner quelque peu de Mauzé. Les naissances à Missé de Raoul, mon grand-père et de Kléber, mon grand oncle, y sont indiquées. Jamais les parents de François, Joseph et Rosalie, n’ont été l’objet de discussions familiales, contrairement à lui et ses frères et sœurs,  et la mention de leurs noms sur ce livret de famille a longtemps été ma seule source d’informations sur eux.

Ils étaient quatre frères et sœurs, aux dires de la famille : Marie, Clémence, Joseph et François. Tous leurs descendants étaient connus et souvent  fréquentés par les uns et les autres.
L’arrière-petite-fille de Marie est la marraine de mon frère. La fille de Clémence était surnommée la cousine Réjane de Montreuil, parce qu’elle qu’elle habitait Montreuil-Bellay dans le Maine-et-Loire. Tiens, le Maine-et-Loire ! Etre invitée chez elle équivalait à visiter une noble parente. Enfant, à cause de ce surnom, je l’ai longtemps pensé et aussi parce que ce n’était pas rien, comme on dit, d’aller déjeuner chez elle. J’appréciais énormément sa maison, une immense et belle maison bourgeoise avec un grand jardin, tout ce que nous ne pouvions pas avoir à Paris et je me souviens de sa gentillesse avec nous. Joseph, lui, est à l’origine de ceux que nous appelons encore aujourd’hui « les cousins de Charente ». En effet, il n’est pas resté en Deux-Sèvres et est parti s’installer plus au Sud, en Charente, à côté d’Angoulême où il s’est marié et a eu trois enfants.

Si Francois est enterré à quelques kilomètres de son lieu de naissance, à Missé, Marie est décédée à  Villeneuve-le-Roi, en région parisienne, dans le Val-de Marne, Clémence, au Pouliguen en Loire-Atlantique et Joseph à Claix en Charente. Les discussions évoquaient souvent les vacances, les rencontres des uns et des autres chez ses cousins exotiques. Les descendants de la fratrie étaient exceptionnellement proches malgré la distance kilométrique et généalogique.

Pendant longtemps, la majorité des Cesbron domiciliée dans les Deux-Sèvres et en Charente appartenait à ma famille, celle engendrée par François, son frère et ses sœurs, ce qui à mes yeux, renforçaient l’idée qu’ils n’étaient originaires ni des Deux-Sèvres et encore moins de Charente.

Dans les années quatre vingt, tapoter mon nom en Deux-Sèvres ou en Charente sur le Minitel revenait principalement à lire les coordonnées de mes oncles et tantes, celles de mes cousins germains et plus éloignés. Tapoter le nom Cesbron en Maine-et-Loire donnait des centaines de pages de coordonnées.

Cesbron, patronyme désignant très certainement à l’origine un vannier utilisant pour son ouvrage une sorte d’osier appelé le céberon disait alors la BnF, avec une localisation d’origine en Anjou, en Maine-et-Loire. Aujourd’hui filae en donne toujours la même définition  : Origine : Cesbron est un nom de famille d’anjou, forme contractee de l’ancien francais ceberonbois flexible surnom de vannier même si geneanet remonte désormais plus loin dans le temps : Le nom est surtout porté dans le Maine-et-Loire (également 79, 37). Variante : Cébron (44, 79, 56). Il s’agit sans doute d’un diminutif de Cesbert (49), Cébert (61), nom de personne d’origine germanique, variante de Sibert (sig, sigis = victoire + berht = brillant).

Même si je sais, encore à ce jour, toujours aussi peu de choses sur François, il me fallait l’évoquer, alors qu’il a longtemps constitué avec sa fratrie, l’origine familiale. Comme si avant eux, personne n’avait existé. Et en fait, ils n’étaient pas quatre, mais sept frères et sœurs dont trois n’ont pas connu l’âge adulte, trois qui sont partis avant la naissance de leurs frères et sœurs ou alors quand ceux-ci étaient encore nourrissons. Il est de mauvais souvenirs lointains et des douleurs qui ne se transmettent pas non plus.

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2 réflexions au sujet de « Le Vibreuil de Mauzé-Thouarsais,  1870 – François Cesbron et sa fratrie, l’origine de l’histoire familiale contemporaine  »

  1. Bonjour,
    Je viens d’entrer dans « le monde des bloggers » et c’est aussi grâce e à « Feuilles d’Ardoise ».
    J’apprécie vos articles. Celui-ci m’a beaucoup émue.
    Je m’interroge sur nos motivations, pourquoi passer tant de temps à fouiller le passé. Y-a-t-il un manque quelque part ?
    A bientôt pour la suite de vos trouvailles.
    Cordialement
    MClaude

    Aimé par 2 people

    1. Bonjour,
      merci infiniment pour votre commentaire qui m’a touchée et qui m’encourage.
      En ce qui me concerne, je ne pense pas combler un manque mais plutôt reconstituer un puzzle dont le nombre de pièces augmente au fur et à mesure. Un Cluedo géant.
      Mais il n’empêche que tout ceci est parti de mon grand-père maternel que j’ai bien connu et que j’ai voulu mieux connaître…
      Mais il n’empêche que certaines recherches peuvent procurer de l’émotion et de l’attachement à de parfaits inconnus si proches et si loin de nous à la fois…
      Et il n’empêche qu’ils et elles ont tous été de chair et de sang … comme nous. 😊
      A très vite et surtout très belle fin d’année,
      LaDrôlesse

      Aimé par 1 personne

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