Verruyes, 1894 – Louise s’appelle Niveau et pas Nivault !

Dans les années quatre-vingt, sans internet, je vais au plus simple. Mon grand-père est né à Saint-Georges de Noisné, et non à Verruyes où, comme je l’ai dit précédemment, je passe régulièrement des vacances. Si Saint-Georges n’est qu’à quelques kilomètre de Verruyes, je décide cependant d’écluser toutes les pistes verruyquoises avant de passer à d’autres lieux. La famille de ma grand-mère m’offre cette possibilité puisque les premières générations de son côté sont issues de Verruyes.

Le père de ma grand-mère maternelle est Célestin Babin* qui a épousé Marie-Louise Niveau appelée aussi Louise tout simplement au quotidien. J’ai retrouvé de nombreuses lettres ou cartes postales signées de la main de Célestin qui invitait à déjeuner, prévenait de son arrivée tel cousin ou tel ami, bref, des écrits qui évoquaient leur vie au début du XXe siècle en Gâtine. Les plus émouvantes sont celles où il prévient la famille de la maladie de Louise, puis de sa mort.

Elle disparaît en effet en 1917, laissant derrière elle, son mari Célestin, une fille de vingt ans, ma grand-mère, mais aussi un petit garçon de trois ans, mon grand oncle, Léon, que j’ai bien connu. Il m’avait surnommée Jaoua. Je n’arrivais pas, toute petite drôlesse,  à prononcer correctement le nom de son chien, Java, ce qui le faisait beaucoup rire.

Eglise de Verruyes – Coll. personnelle (D.R)
Louise Niveau est née le 3 avril 1872, à Verruyes et plus précisément à La petite Rebardière, qui existe toujours.

Niveau ou Nivault ? Louise est née Nivault mais décédée Niveau le 7 avril 1917 quelques jours après son quarante-cinquième anniversaire. Mon premier réflexe est de me dire que l’orthographe d’un nom n’a pas d’importance. Chacun sait que les scribes des époques précédentes rédigeaient aussi de façon phonétique les patronymes de leurs contemporains. J’avais décidé aussi de respecter l’orthographe d’un nom à la naissance lorsque je l’inscris dans l’arbre. Ce que je fais pour Louise. Pas forcément la décision la plus pratique avec le recul 🙄 en ce qui concerne les Niveault/Niveau/Niveau mais c’est une autre histoire…

Il m’est facile de trouver l’acte de mariage pour compléter l’identité généalogique de Louise. Je peux constater d’emblée avec la mention en marge que son nom s’écrit bien Niveau, confortant ainsi mon idée d’erreur à la naissance. Mais …

[…] Et Nivault ou Niveau Marie-Louise. L’acte de naissance porte Nivault mais le véritable nom est Niveau ainsi que l’affirment sous serment les parties contractantes et les témoins. La présente attestation est faite en conformité de l’avis du Conseil d’Etat du trente mars mil huit cent huit.

Qu’est-ce donc cet avis du Conseil d’Etat ? Précieux internet** qui donne toutes les réponses en un temps record ! L’avis du Conseil d’Etat a pour objectif très certainement de désengorger les tribunaux en permettant de faire valoir la véritable orthographe d’un nom, entre autres, sans avoir à ester en justice.

Louise et sa famille ont certainement voulu, en 1894, se différencier des autres familles Nivault ou Niveault extrêmement nombreuses à Verruyes, où certains de leurs descendants sont encore installés. Mais pour quelles raisons ? Je n’en sais malheureusement rien…

En tout état de cause, à ce moment là, je me dis que mes 3 branches

  • Niveau, celle de Louise Niveau, mon arrière grand-mère, dont il est question ici
  • Niveault, celle de mon grand-père Denis, gendre de Louise Niveau
  • Nivault (dont je n’ai pas encore parlé),  celle de la mère de Célestin Babin, le mari de Louise Niveau, et qui s’appelait Virginie Nivault

n’ont rien à voir entre elles. Vous me suivez toujours ? 🙂

De plus, je suis confortée fermement par la famille qui me dit que les cousinages connus ne sont pas de ce côté là, m’enfin ! I to dit quo lé pas cheu, quo lé pas do mem famille.

Hum… Pas si certain que cela… À suivre ! 😉


Photo (coll.pers.) / vue générale de Verruyes

*Célestin Babin est un petit-fils de Modeste Texier, qui a fait l’objet d’un article ici pour s’être mariée contre la volonté de ses parents.

** Source site Genealogie facile : l´avis du Conseil d’Etat porte que « dans le cas où le nom d’un des futurs ne serait pas orthographié dans son acte de naissance comme celui de son père, et dans le cas où l’on aurait omis quelqu’un des prénoms de ses parents, le témoignage des pères et mères ou aieux assistant au mariage et attestant l’identité, doit suffire pour procéder à la célébration du mariage ; qu’il doit en être de même dans le cas d’absence des pères et mères ou aieux, s’ils attestent l’identité dans leur consentement donné en la forme légale ; Qu’en cas de décès des pères, mères ou aieux, l’identité est valablement attestée, pour les mineurs, par le conseil de famille ou par le tuteur ad hoc ; et, pour les majeurs, par les quatres témoins de l’acte de mariage. Qu’enfin, dans le cas où les omissions d’une lettre ou d’un prénom se trouvent dans l’acte de décès des pères, mères ou aieux, la déclaration à serment des personnes dont le consentement est nécessaire pour les mineurs, et celle des parties et des témoins pour les majeurs, doivent aussi être suffisantes, sans qu’il soit nécessaire, dans tous les cas, de toucher aux registres de l’etat-civil, qui ne peuvent jamais être rectifiés qu’en vertu d’un jugement. »

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